Lobotomie virtuelle

Je m’aperçois qu’il y a presque deux mois que je ne suis pas venue écrire.
Mais il faut dire que je n’ai pas vécu grand-chose durant ce temps. Depuis le dernier article, je crois que je me suis refermée sur moi, pour ne plus rien voir ni entendre des idioties dont peut faire preuve l’être humain.

Et comme le salut n’est pas venu par les livres (oui, cela fait deux mois que j’ai entamé un livre … et que je ne l’ai toujours pas fini car j’ai beaucoup de mal à le lire, je n’y prends aucun plaisir – c’est la deuxième fois que je l’entame et cette fois, je voudrais parvenir à la fin, mais ma lecture est laborieuse – ; d’où le silence flagrant du côté du Café Littéraire).

Du coup, je me gave de téléfilms le soir et le week-end, ou je passe mon temps à bosser. Le plus souvent, je fais les deux en même temps. Histoire d’empêcher mon cerveau de carburer un peu trop sur des questions existentielles … ou du moins d’essayer.
Je me noie dans le travail (au passage, j’oublie de dormir).

Je me suis davantage encore renfermée sur moi-même et finis par ne plus réussir à communiquer, même ici. J’ai l’impression de devenir une bête asociale, limite sauvage. Je finis par fuir les gens plutôt que d’avoir à écouter leurs râleries et revendications permanentes, voire leurs propos belliqueux, sans jamais qu’ils ne se remettent en cause de leur côté. Les gens veulent tout, tout de suite, sans concession ni réflexion.

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Et moi, je crois que je me suis perdue en chemin … je pense qu’un jour, je plaquerai tout.


Je rêvais d’un autre monde

C’est un sentiment qui m’habite depuis un certain temps déjà.
Mais depuis deux ans, il s’amplifie et devient omniprésent.

Je ne comprends plus le monde dans lequel je vis, je ne comprends plus les gens.
Je n’en peux plus de cet égoïsme ambiant, de cette agressivité permanente ; des gens qui ne supportent plus rien et ne savent plus répondre que par la violence.

Je ne supporte plus ce consumérisme féroce, des gens qui ne cherchent plus des relations mais des possessions.
Cette sur-consommantion, sur-exploitation des ressources de la Planète, sans voir plus loin que leurs petits besoins. Et nos dirigeants qui ne sont pas capables de voir plus loin que le bout de leur nez …

J’en ai marre de toute cette violence, juste pour des guerres de pouvoir.

Je ne me reconnais plus dans ce monde, je n’y trouve plus ma place.
Je n’ai qu’une envie : m’éloigner de tout.

Envie d’ailleurs, rêve d’un autre monde.


Les Suprêmes chantent le blues – Edward Kelsey Moore

Autant j’avais bien accroché sur le premier opus, autant j’ai eu plus de mal à commencer et à venir à bout de cette suite. J’en suis au troisième emprunt, avec une prolongation (et un dépassement de date qui m’a forcée à finir). Pourtant, l’histoire est appréciable.

On retrouve Odette, notre narratrice, celle qui voit les morts ; Clarice, qui a décidé de se libérer des carcans dans laquelle elle s’enfermait ; et Barbara Jean qui continue de faire œuvre de bienfaisance grâce à sa fortune. Et leurs maris respectifs.
Et c’est James, le mari d’Odette, qui va voir ressurgir les fantômes de son passé. Mais quand on est marié à une femme née dans un sycomore et capable de botter le derrière à toute une bande de garçons en ayant à peine dix ans, il faut s’attendre à ce qu’elle prenne le problème à bras de corps et vous oblige à les affronter. Alors que dans le même temps, ces fantômes permettront peut-être à Barbara Jean de faire la paix avec certaines traces de son passé.
Quant à Clarice, ce sont ses pensées du présent qu’elle doit combattre. Alors que jouer sa musique a toujours été un de ses plus profonds désirs, elle se retrouve en proie à des angoisses improbables, sa petite voix intérieure se jouant encore d’elle.
Et il y a Audrey, à Chicago, qui voit se rouvrir son chapitre Terry de Plainview.

J’ai trouvé ce deuxième opus moins pêchu que le premier. Il m’a manqué une ambiance, quelque chose … peut-être parce que, bien évoquant les fantômes du passé, il est plus ancré dans le présent. Je crois que j’ai eu du mal à visualiser le cadre actuel de l’histoire.
Je pense aussi que 4 ans entre les deux livres, c’est trop long. Si vous n’avez pas déjà lu le premier, je vous conseillerais de ne pas laisser plus de 6 mois entre la lecture des deux opus.
Je pense que la clé de mon problème est là : le décor est bien planté dans Les Suprêmes, mais il n’est pas redétaillé ici. Du coup, j’ai eu du mal à planter les images de l’environnement des personnages. Or j’ai besoin de dérouler le film de l’histoire (je visualise tout quand je lis … c’est sûrement pour cela d’ailleurs que je lis plus lentement que d’autres). D’ailleurs, si vous analysez toutes mes « critiques » de livres, les romans avec lesquels j’ai eu du mal sont ceux auxquels je reproche le manque de détails pour ancrer les personnages dans leur environnement.


L’Atelier des souvenirs – Anne Idoux-Thivet

 

L'Atelier des souvenirs - Anne Idoux-Thivet

Malgré l’environnement qui aurait pu être pesant, j’ai eu une impression de vent frais avec cette lecture. Malgré leur âge avancé, les protagonistes sont d’une fraîcheur insoupçonnée.
Et c’est Alice qui nous amène à les découvrir. Alors qu’elle végétait dans l’attente d’un poste d’enseignant-chercheur en sociologie, refusant de passer le CAPES pour enseigner des adolescents difficiles ou bien encore de briguer un poste d’institutrice, elle propose ses services à deux maisons de retraite de la campagne lorraine, où elle a atterri suite au décès de sa grand-mère. Elle met en place des ateliers d’écriture, qui amènent ses participants à livrer et partager leurs souvenirs.
Son activité et sa personnalité sont très appréciées parmi les pensionnaires des deux maisons de retraite. Au point que pour elle, ces derniers reprennent vie et retrouvent une seconde jeunesse.

Le dénouement de l’histoire est seulement soufflé, mais alors que j’aime rarement ce genre de fin, ici il m’a laissé le sentiment d’une légèreté bien agréable, comme un nuage.

Célestine, lis-le, je suis sûre qu’il te plaira !


Et c’est parti !

Et voilà, c’est reparti pour une année.

Une année plus organisée (sur le tableur en tout cas), avec de nouveaux projets et d’autres reconduits.

Une année avec envie de lâcher-prise aussi.

Bonne rentrée à tous les Schtroumpfs, qu’ils soient petits ou grands !


La Disparition de Stephanie Mailer – Joël Dicker

Après deux choix plutôt chaotiques de romans, et une certaine lassitude des histoires douces, je me suis tournée vers un auteur qui m’a envoûtée l’été dernier et je me suis donc attaqué au dernier Dicker.

Et l’effet a été immédiat : une fois embarquée, j’ai lâché le livre juste le temps de dormir un peu. En trente-six heures, les six cents et quelques pages y sont passées.

Tout commence par un fait divers dramatique de juillet 1994, dont seule la douce ville d’Orphea, théâtre du drame, se souvient : une famille de trois personnes et une joggeuse sont assassinées dans un quartier résidentiel, alors que tout le reste de la population assiste à l’inauguration du premier festival de théâtre en centre-ville.
20 ans plus tard : La police d’Etat de New-York fête, en ce lundi soir, le départ d’un de ses meilleurs éléments, Jesse Rosenberg, qui souhaite mettre un terme à sa carrière. Alors qu’il a le surnom de « capitaine 100% », une journaliste du nom de Stpehanie Mailer vient le voir et lui affirme qu’en fait, il n’est que le « capitaine 99% ». Elle insinue qu’il n’aurait pas résolu convenablement une affaire, celle du quadruple meurtre de 1994. Jesse, qui pensait passer sa dernière semaine au sein du service en sirotant du café tout en faisant ses adieux à ses collègues, se retrouve à s’interroger sur cette ancienne histoire, intrigué et travaillé par les dires de la journaliste. Quand son collègue de l’époque et ami Dereck le voit plongé dans ces anciens dossiers, il le dissuade de replonger dans cette affaire. Mais voilà que Stéphanie Mailer disparaît à son tour … 

Et là, tout s’emballe. L’histoire alterne entre récits ayant prise dans le présent et narrations inscrites dans le passé ; entre la narration de Jesse et celle d’autres protagonistes. On passe par des phases où les faits semblent s’éclairer et des moments où tout s’embrouille. A aucun moment on ne se lasse. La fin est peut-être un peu trop rapide … mais d’un autre côté, les éléments étaient déjà tous là, on les imbrique juste dans le bon sens. En fait, c’est surtout qu’on arrive au bout de l’intrigue et que, quelque part, on ne veut pas forcément le lâcher.

Encore un très bon opus !


Petits délices et grand amour – Nora Roberts

Sous ce titre alléchant se cachent en réalité deux histoires.

La première s’intitule « La force d’un regard » ; rencontre entre Summer, chef pâtissière de renommée internationale, fière, suffisante et capricieuse, mais surtout indépendante, et Blake qui règne sur l’empire des hôtels Cocharan et cherche à la recruter pour le restaurant de son hôtel à Philadelphie. Lui la sait diva, elle imagine très bien l’homme d’affaires qui n’envisage pas qu’on lui dise non. Mais l’un comme l’autre, ils n’ont pensé une seule seconde de l’étincelle qui allait se produire au premier regard. Commence alors un jeu enflammé du chat et de la souris, entre forte résistance et baisse de garde.

Les premiers temps de ma lecture, mon avis sur cette histoire n’était pas très enthousiaste. Summer me sortait par les yeux avec ses comportements de diva. Et la passion enflammée entre Summer et Blake arrivait beaucoup trop vite dans l’histoire. Mais une fois passée cette frustration, je me suis laissée prendre au jeu (du chat et de la souris, justement :-D).
J’ai parfois eu du mal avec l’écriture, la manière de tourner certaines phrases m’a dérangée et surtout, j’ai trouvé que l’histoire aurait mérité d’être davantage développée, certaines ambiances et certains décors auraient pu bénéficier de plus de descriptions à mon goût. J’aurais vraiment aimé voir Summer se débattre pour modifier les cuisines, les menus, vivre la transformation de ce restaurant. Là, on se trouve uniquement centré sur les personnages et leurs sentiments, ce qui est sûrement le choix de l’auteur ; mais du coup, l’histoire est trop courte à mon goût. Elle n’est pourtant désagréable à lire : mais il faut davantage l’envisager comme une longue nouvelle qu’un roman à part entière.

Pour la seconde histoire qui s’intitule « Envoûtante passion », j’ai envie de dire : on prend les mêmes et on recommence. Mais cette fois avec Carlo Franconi, le chef italien ami de Summer, et son attachée de presse aux Etats-Unis, Juliet, qui l’accompagne dans la tournée promotionnelle américaine de son nouveau livre.
Le schéma de l’histoire est exactement le même : une étincelle qui allume la passion au premier regard, mais chacun restant sur ses gardes tout en s’enflammant … jusqu’à la conclusion identique !
J’ai du coup eu de longs passages de lassitude, ayant l’impression de relire la même histoire. Si j’ai un conseil à vous donner, si vous avez passé un moment agréable avec la première histoire, lisez un autre livre (voire plusieurs) avant d’embrayer sur la deuxième.

Ce livre m’a désappointée : les histoires romantiques autour de la pâtisserie sont pour moi synonyme de partage, confort … ce que je n’ai pas du tout retrouvé dans ce roman où tout tourne vraiment autour des personnages et leur passion dévorantes. Les scènes d’amour sont très détaillées, mais sans être graveleuses, seulement sensuelles, mais trop répétitives à mon goût. Comment souvent dans ce genre de livre, pour moi, il manque une histoire autour de l’histoire d’amour. Cela rend l’ensemble plat, il manque du relief à l’histoire.
Si vous recherchez une histoire d’amour pour lire juste une histoire d’amour, allez-y, mais si comme moi vous aimez les histoires romantiques qui s’intègrent dans une histoire plus globale, ce ne sera peut-être pas pour vous.