Sugar Land – Damon Gameau

J’avais déjà regardé ce film sur notre ami YouTube mais en Anglais. Entre mes quelques connaissances de vocabulaire anglais et la lecture des images, j’avais quand même compris pas mal de choses. Mais j’avais l’impression d’être passée à côté des explications scientifiques. Me voici donc à jour.

Ce film documentaire va dans le sens de tous les documentaires et livres que j’ai lus sur l’alimentation plus ou moins dernièrement. Il me conforte encore davantage dans ma volonté de revisiter mon alimentation vers une nourriture plus saine (bon, je viens d’une famille de paysans pour un côté, donc je n’évincerai ni le beurre, ni la crème, ni le lait … et j’adore faire des gâteaux, et malgré tous mes essais de substitution, le beurre reste irremplaçable) et plus contrôlée, dans le sens de cuisiner au maximum à base de produits non transformés.

Mais ce reportage m’a encore plus interrogée sur le devenir nutritionnel de notre humanité, ou comment les grands groupes de l’agro-alimentaire, plus portés sur le profit que sur la santé des consommateurs et de la Planète (en un sens, on ne peut pas complètement leur en vouloir, faire du profit, c’est leur boulot, mais sur un plan éthique, c’est plus questionnable), profitent de la pauvreté intellectuelle/culturelle/informative de certaines sociétés pour leur faire croire n’importe quoi et les mettre en danger. Et comment aussi leur pression et leur invasion dans tous les pays du monde finit par uniformiser les habitudes de consommation, faisant disparaître les cultures gastronomiques typiques. Alors peut-être que l’alimentation à à bas coût que ces géants proposent permet aussi à certains de se nourrir quand avant ils peinaient à subvenir à leurs besoins nutritionnels … mais le reportage ne porte pas sur ce sujet ; l’objectif est centré sur la nutrition.

Certains pays voient débarquer les fast-foods et autres chaînes de restauration rapides seulement maintenant, comme nous il y a quelque temps. Donc, je ne veux pas non plus juger ces personnes face à leur ignorance de cette malbouffe car après tout, nous aussi on a mis du temps avant de mettre en avant les danger d’une telle alimentation. J’imagine qu’ils ont aussi besoin de faire leurs propres expériences. Et peut-être que cela correspond aussi pour eux à une forme d’accès à une certaine « richesse ». Je juge plutôt la désinformation mensongère qui leur est donnée.

Mais sans vouloir aller aussi loin, en restant « chez nous », je me demande si on ne se dirige pas vers une société fractionnée en deux mondes totalement opposés : ceux qui vont manger de plus en plus sain, sans produit transformé ; et à l’opposé, ceux qui ne connaîtront rien d’autre que la malbouffe, super sucré (et super grasse) ; les consommateurs « à la ferme » et les consommateurs du supermarché. J’espère vraiment qu’on n’en arrivera pas à ce clivage, on risquerait de ne plus se comprendre. Ceux qui n’auront pas les moyens culturels/intellectuels pour aller chercher les informations, critiquer ce qu’on leur dit et prendront toutes les promesses publicitaires pour argent comptant et ceux qui, déjà suffisamment informés et possédant les moyens intellectuels/culturels, sauront décrypter les promesses trompeuses voire mensongères (plus généralement, je m’interroge sur le fractionnement de la population en 2 : ceux qui goberont tout ce que les médias – au sens très large – diront ; et ceux qui, y contraire, sauront qu’il faut forcément interroger les pseudo-informations qu’on leur sert et que ce qui circule sur les réseaux sociaux est plus facilement un fake qu’une information véritable …).
Je n’irai pas jusqu’à dire que ça me fait peur, mais la paupérisation intellectuelle et culturelle m’inquiète quand même beaucoup (on a vu dernièrement où ça peut mener).

Mais voilà que j’ai largement dérivé du sujet initial.

Les bonus sont également plein de bons conseils. C’est un documentaire intéressant, tourné d’une manière sympa et qui le rend attractif et plein d’humour, mais qui explique très bien et rend compte de façon concrète de ce qu’on ingurgite parfois !
Et comme vous le constatez, ce film m’a interrogée sur de nombreux domaines, bien plus larges que celui que l’on pense initialement traité.

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Renouveau chronophage

Malgré mes belles promesses et mes propres envies, je n’ai encore pas trouvé le temps de repasser ici et chez vous, et encore une fois, je m’en excuse ; pourtant, je pense bien à vous. Mais les évolutions dont je vous parlais n’ont pas lieu seulement à titre privé : sur le plan professionnel aussi j’évolue. Non, je ne change pas de métier, pas pour l’instant en tout cas. Mais j’explore de nouvelles pistes.
Depuis l’année dernière, je réinterroge ma pratique (depuis, bizarrement, que j’ai eu ma mutation à titre définitif – y aurait-il un lien de cause à effet inconscient ? – ; et il faut dire aussi que j’ai pris l’habitude de me noyer sous le travail, de m’y investir pleinement – plus que pleinement – au point de ne plus savoir arrêter, couper à certains moments). Ma tentative de l’année dernière a totalement avorté : je n’étais peut-être pas assez prête ; mais surtout, ma classe ne s’y prêtait pas.

Mais cette année, ce n’est que du bonheur (ne croyez pas que j’ai une classe d’élites, bien au contraire : j’ai des élèves en grandes difficultés, d’autres à profil particulier et un ou deux éléments qu’il faut surveiller comme le lait sur le feu ; mais je ne passe pas mon temps à faire de la discipline : j’ai juste l’impression de faire mon métier de PE). Du coup, ma démarche amorcée l’année dernière, approfondie et étendue cet été, prend forme au jour le jour : je revisite toute ma pratique pédagogique, ma façon d’aborder les notions, mes méthodes de travail … Sauf que voilà, on ne peut pas se réinventer totalement sans un minimum d’investissement : je passe un temps fou à chercher ce qui n’existe pas, à devoir le penser de A à Z, le créer, le mettre en forme. Et réajuster en permanence. Mon gros défaut, c’est d’être un électron libre : je ne rentre dans aucune méthode (pourtant, certaines, clés en main, sont très bien) ; mon objectif est de coller au plus près de mes élèves. Résultat : même si j’ai tout planifié, anticipé cet été, même si j’ai ma ligne de conduite bien définie, je suis toujours en flux tendu, à fabriquer le matériel, à massicoter, plastifier, redécouper, organiser …
Sans compter les projets annexes dans lesquels je m’investis parce qu’ils m’intéressent, vont dans le sens de ma pédagogie (la partie réflexion de notre métier me plaît énormément ; quand il faut décortiquer les nouveaux B.O. ou autres, je finis toujours par être de la partie) ; et ceux qui touchent à un domaine qui me passionne, et qui un jour je l’espère, me permettront d’évoluer et de pousser d’autres portes.

Mon problème – que je considère plutôt comme une chance -, c’est que j’aime mon boulot et j’aime les gens avec lesquels je travaille et leur façon de voir. J’aime l’ambiance dans laquelle on travaille quand on est dans nos projets.

Pendant les vacances de Noël, je me suis forcée à couper 6 jours. Et pendant ces 6 jours, j’ai passé pas mal de temps à cuisiner puisque cette année, j’ai inauguré la réalisation de bûches glacées (et comme là aussi, je suis un électron libre, infichue de suivre une recette … :-P) ; et j’en ai aussi profité pour finir les livres empruntés pour lesquels j’avais déjà plus d’une semaine de retard, écrire les articles en attente depuis un certain temps … et j’ai profité de tous les films de Noël plein de bons sentiments et qui font du bien.

Mes journées sont décidément trop courtes pour faire tout ce que je veux faire : je me passionne pour beaucoup de choses, touche à tout, m’intéresse à plein de domaines. Je rêve d’être omnisciente, tout comprendre, savoir tout faire, avoir tout lu, tout vu … mais c’est impossible.


Happy New Year


L’irrésistible histoire du Café Myrtille – Mary Simses

Voilà un premier roman qui, je l’espère, ne sera pas le dernier. (Quelques recherches Internet plus tard : elle écrit son 3e roman actuellement.)

L'irrésistible histoire du Café Myrtille - Mary Simses

Alors certes, l’histoire n’est pas de celles qui vous happent, vous tiennent et ne vous libèrent qu’une fois finies. Mais ça fait aussi du bien d’avoir une histoire qu’on aime mais que l’on peut poser au bout de quelques pages, en sachant qu’on aura plaisir à la reprendre le lendemain soir.

Et ici, c’est le destin d’Ellen que l’on suit.
Alors qu’elle est vouée à une brillante carrière d’avocate à Manhattan, fiancée à Hayden, un non moins talentueux avocat destiné à mener une belle carrière politique, la dernière volonté de sa grand-mère, qui la mène à Beacon dans le Maine, pourrait bien chambouler ses plans.
En soulevant le voile du passé de sa grand-mère, Ellen va se retrouver à interroger sa propre vie. Et alors que sa vie lui paraissait toute tracée, ses découvertes vont venir jeter le trouble sur ses certitudes.

Ce roman est vraiment agréable à lire, l’écriture est fluide. Une belle découverte !


Une fille comme elle – Marc Levy

Bienvenue au N°12 de la 5e Avenue. Voilà quelle fut ma destination pour la lecture de mon premier roman de Marc Levy.
J’ai entendu de tout sur cet auteur : auteur à succès qui sort un livre sans profondeur tous les ans, auteur de supermarché … mais auteur qui réussit quand même.

Une fille comme elle - Marc Levy

Et c’est en compagnie de Deepak, Sanji et Chloé que j’ai commencé ce périple qui m’a entraînée dans une histoire bien sympathique. Alors peut-être pas très profonde, mais en aucun cas niaise.
J’ai eu un sentiment de huit-clos, pourtant tout ne se déroule pas dans l’ascenseur du N°12. J’ai trouvé que ça manquait de descriptions des espaces ; l’histoire est vraiment tournée sur les personnages. L’histoire de Chloé est très intrigante. Et quand la lumière a été faite par la protagoniste, je n’ai pas eu besoin d’aller au-delà des premiers mots pour comprendre. Ça a fait immédiatement écho en moi :

Ce n’est pas de ces histoires qui nous entraînent dans un tourbillon enivrant. Je l’ai lu petit à petit, par pauses. Je ne suis pas sûre d’ailleurs que cette histoire se prête à être expédiée ; j’ai eu l’impression que ma lecture allait au rythme de Deepak et son ascenseur : pas trop vite, tout en douceur.


Les Animaux Fantastiques – David Yates

J’ai profité des vacances de la Toussaint pour regarder ce DVD que j’avais emprunté (mais que je n’avais pas pris le temps de regarder en deux mois).

Même si je ne doutais pas que ce soit un bon film, j’avais quelques appréhensions, tant je suis fan des livres et de l’univers de Poudlard. Mais on reste dans l’univers de la magie comme Harry Potter, tout en étant dans une autre histoire.

Le fait que l’action se déroule en Amérique permet aussi de se détacher de l’histoire de Harry Potter, de ne pas le chercher partout.
On a vraiment une histoire qui respire le même univers magique, mais avec une véritable intrigue indépendante.

J’ai hâte que le nouveau volet sorte en DVD et de pouvoir l’emprunter !


A la recherche de l’esprit de Noël

En temps normal, j’adore le mois de décembre : les illuminations de Noël qui scintillent un peu partout me redonnent du baume au cœur, face à la dépression automnale. J’adore aller me promener au centre-ville, que ce soit le soir en sortant du travail pour profiter des lumières féériques ou le samedi après-midi pour m’imprégner de l’ambiance festive, en prenant un chocolat chaud spécial Fêtes. C’est mon plaisir, moi pour qui Noël pourrait ne pas toujours être facile … et encore moins depuis que je ne peux plus m’offrir le plaisir de fureter dans les petites boutiques à la recherche du cadeau idéal pour mes proches et les gens qui me sont chers. Mais voilà, je prends la joie qui règne et la fait mienne, pour enfouir au plus profond ce qui pourrait me faire couler.

Mais voilà, cette année, on m’a privée de mon seul bonheur de la période.

Depuis mi-novembre, impossible d’aller en centre-ville le samedi sans se retrouver mêler à des débordements et violences, sous-couvert de jaune fluo.
Et c’est là où ça devient paradoxal : sous prétexte de manifester pour le pouvoir d’achat et le manque de revenus, on paralyse des commerces et on les met en péril ; ou comment faire en sorte que certaines personnes perdent leur emploi à cause d’un manque d’activité patent à une période cruciale, durant laquelle plusieurs boutiques font une bonne partie de leur chiffre d’affaires annuel. On se plaint que les centres-villes se meurent, les petites boutiques indépendantes ont du mal à rester à flots, et là, on les noie encore plus. Les commerces se sont retrouvés pris en otage (parfois même ils ont souffert directement).
Ce mécontentement latent, les informations en conséquence morose (surtout qu’on n’a quasiment vu que le côté sombre et violent de ce mouvement, alors qu’à certains endroits, on ne peut pas nier que les manifestations se faisaient dans une ambiance bon enfant), les gens qui se sont mis à râler après tout est n’importe quoi … Rien de bien gai pour se remonter le moral.

Les gens semblent oublier ce qu’ils ont.
Pourquoi toujours regarder ce qu’on n’a pas ? Pourquoi ne pas regarder ce qu’on a déjà la chance d’avoir ?
Il faudrait peut-être s’interroger sur notre société : pourquoi les études montrent-elles que les pays où les gens n’ont pas les moyens de posséder sont plus heureux que nos sociétés ultra-consommatrices qui veulent absolument tout (sans réfléchir à savoir si on a les moyens de posséder). On en revient au même : « Je prie les choses et les choses m’ont pris. »

J’ai trouvé une phrase très juste sur Facebook ce matin :

Aucun texte alternatif disponible.

Pour moi, Noël ce n’est pas la consommation à outrance. Certes, j’aimerais pouvoir faire plaisir aux autres (et me faire plaisir) en leur offrant le cadeau qui leur ferait plaisir ; mais cela ne veut pas dire dépenser de manière indécente. Il suffit parfois de pas grand-chose. En faisant toujours attention de faire fonctionner la petite boutique indépendante.

Pour moi Noël c’est avant tout le partage, l’ambiance féérique, le don.
C’est le plaisir de faire des biscuits de Noël et les partager avec mes collègues, mes voisins, ect … C’est décorer et voir scintiller mon sapin, voir les villes s’illuminer, voir les vitrines s’enorgueillir de leurs parures rouges et vertes, dorées, bleues et argent. C’est goûter le chocolat de Noël du Columbus ou leur café spécial. C’est la bonne humeur, les yeux des enfants qui brillent, c’est le Père Noël qu’on guette dans le ciel et dont on voit la trace filante du traîneau à minuit quand il vient de déposer les cadeaux au pied du sapin.

Et c’est pour ça que j’adore dévorer tous les téléfilms américains qui passent à la télé pendant cette période, j’y retrouve la magie que j’aime, l’esprit de partage … Mais même ça, cette année, ça n’a pas suffi à combler la magie qu’il a manquée, on ne peut pas tout vivre par procuration.