En Amazonie – Jean-Baptiste Malet

En Amazonie - Jean-Baptiste Malet » Pour son pic d’activité, à l’approche des fêtes de Noël 2012, Amazon recrute des milliers d’intérimaires. Pour la première fois en France, un journaliste décide d’infiltrer un entrepôt logistique du géant du commerce en ligne. Il intègre l’équipe de nuit. Après avoir souscrit au credo managérial et appris la novlangue de l’entreprise, c’est la plongée dans la mine : il sera pickeur, chargé d’extraire de leurs bins (cellules) des milliers de « produits culturels », amassés sur des kilomètres de rayonnages, marchandises qu’il enverra se faire emballer à la chaîne par un packeur, assigné à cette tâche.

Chaque nuit, le pickeur courra son semi-marathon, conscient de la nécessité de faire une belle performance, voire de battre son record, sous le contrôle vigilant et constants des leads (contremaîtres), planqués derrière des écrans : ils calculent en temps réel la cadence de chacun des mouvements des ouvriers, produisent du ratio et admonestent dès qu’un fléchissement est enregistré …

Bienvenue dans le pire du « meilleur des mondes », celui qui réinvente le stakhanovisme et la délation sympathiques, avec tutoiement. Plus de quarante-deux heures nocturnes par semaine, en période de pointe. Un récit époustouflant.

Jean-Baptiste Malet nous entraîne de l’autre côté de l’écran, une fois la commande validée. La librairie en ligne n’a plus rien de virtuel, l’acheteur ne pourra plus dire qu’il ignorait tout de la condition faire aux « amazoniens ». « 

On sait tous qu’on ne vit pas au pays des Bisounours. Naturellement, on se doute bien que bosser dans les entrepôts d’Amazon n’est pas de tout repos ni épanouissant.

Mais en fait, c’est bien au-delà de tout ça !

Déjà, la description de l’entretien de recrutement m’a plus fait penser à de l’enroulement qu’autre chose. Et puis, cette manière d’utiliser un vocabulaire américain, et même, l’obligation de se garer en marche arrière sur le parking !, j’ai eu un sentiment limite sectaire (en fait, pas limite du tout, j’ai l’impression que l’employé est enrôlé dans la secte Amazon). On y perd son identité, on devient un « amazonien ».

Et puis, ce contrôle poussé à l’extrême : contrôle par l’outil de travail qui piste le travailleur au moindre moment, au moindre mouvement ; contrôle de sécurité pour être sûr que rien ne soit volé … Big Brother mon ami, puissance 10. Et cette loi du silence imposée, alors même qu’elle est contraire à notre code du travail.

Le scandale, pour moi, des aides financières versées à la société quand on sait les millions qu’elle brasse et qu’elle génère !

Et le pire du pire pour moi : la mort annoncée des librairies, avec leurs spécialistes, leurs coups de cœur, leurs conseils.

Alors bon, soyons honnête, ça ne m’empêchera pas de continuer à commander,

– parce que certains produits pas simples à trouver sont disponibles sur ce site ;

– parce que quand j’ai besoin d’un bouquin pour bosser et qu’il faut 15 jours de délai pour l’avoir en librairie (ce qui m’oblige à attendre et à retourner en ville), alors qu’il est disponible et que je le reçois dans les 5 jours, ça m’arrange ;

– parce que j’ai beau vouloir faire fonctionner les commerces de centre-ville, quand ceux-ci ne font pas l’effort de proposer des produits pourtant grand public (je pense aux Blu-Ray version simple de Harry Potter 7 que je n’ai pas trouvés à la FNAC et à leurs rayons CD, DVD et Blu-Ray souvent pauvres), je finis par commander sur le net ;

– et parce que, ne nous voilons pas la face, je suis comme beaucoup, ça m’arrange de pouvoir recevoir mes articles chez moi quand je n’ai pas le temps de courir en ville (ce qui, en plus, me coûte deux tickets de bus pour des produits que je ne suis pas certaine de trouver alors que là, les frais de port son gratuits).

Ce serait totalement hypocrite de ma part de vous dire que je vais changer mes habitudes suite à cette lecture. J’ai toujours privilégié l’achat de livres chez mon libraire. Mais face aux bacs vides de mon disquaire, il y a bien longtemps que je ne m’embête plus. Et puis, c’est tellement simple : on y trouve tout … même ce livre !

N’empêche que j’y réfléchirai quand même à deux fois avant de cliquer …


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