A la découverte de la classe verte

Alors voilà. Cette fin d’année scolaire a été pour moi le baptême du feu : pour la première depuis que je suis PE, je suis partie en classe découverte. Appelez-la classe verte, classe-découverte, classe transplantée/transplanée, le principe est le même : vous embarquez vos 30 petits monstres (et ceux de la classe d’à côté) de 2 jours à … comme on veut (après, c’est le budget qui limite, ainsi que votre énergie) à la mer, à la montagne, à la campagne et vous leur faites découvrir autre chose que l’enceinte de l’école.

classes_vertes-image-

Bon, attends dire qu’au départ, si je suis partie, c’est que ça faisait plaisir à mes collègues que je parte avec elles et que je n’avais pas trop le choix (dans le sens où c’est une école où il est de tradition que toutes les classes partent) ; et puis, il faut bien un début à tout, le séjour n’était pas trop loin, très court (le minimum requis pour qu’on puisse parler de classe verte) et les conditions pour faire cette première expérience étaient plus que bonnes.

Pour une première, j’ai été servie : vomi, pipi au lit, les gamins qui n’avaient pas de quoi se laver ni se sécher parce que les parents avaient oublié la classe-découverte et ont fait la valise en catastrophe au moment de partir (le cartable servant de valise, pauvres gosses), ceux qui avaient un essuie-mains en guise de serviette de toilette, ceux auxquels il manquait le nécessaire de toilette mais qui avaient une dizaine de peluches dans la valise … Et à côté de ça, il y a mes petites Précieuses, et là, j’ai été sidérée : de quoi tenir 5 à 7 jours avec tous les vêtements qu’elles avaient emmenés, des trousses de toilette trois fois plus importantes que la mienne (lotion pour le visage, crèmes et j’en passe). Mes petites Précieuses qui, au passage, se sont trouvées fort dépourvues devant les toilettes turques de l’aire d’autoroute car elles n’ont jamais fait pipi ailleurs que dans des toilettes classiques, jamais en pleine nature derrière un arbre (là, j’avoue que c’est moi qui suis tombée sur le derrière).

Alors oui, effectivement, c’est un moment où l’on voit ses élèves différemment (et où eux nous voient différemment paraît-il ; mais je ne suis pas sûre d’avoir été différente que quand nous sommes en classe)  …

classe verte dessin Jack Danger Ecole

(Alors ça, c’est souvent ce que les parents pensent : véridique, je l’ai entendu plus d’une fois dans la bouche des parents, même pour une simple journée de voyage scolaire ou d’activités en-dehors de l’école. Ce sont d’ailleurs souvent ces mêmes parents qui râlent parce qu’on est en vacances et qu’il va falloir qu’ils s’occupent de leurs gosses, et que nous, pauvres instits’, on ne se rend pas compte comme c’est fatigant. Non madame, c’est vrai que vous n’en avez qu’un ou deux à gérer, nous, c’est presque 30 ; mais non, on ne peut pas comprendre. Une chance, à côté de ces quelques énergumènes, on a d’autres parents qui sont en or ! ).

… Sauf que, voilà, mon avis sur les classes vertes n’a pas changé.

Déjà tout simplement parce que j’aime bien mon petit confort personnel : je suis incapable de dormir quand je ne suis pas dans mon lit (quand je pars en vacances, j’ai besoin d’un temps d’acclimatation), sans compter que j’ai passé la nuit à guetter le moindre bruit, des fois qu’un de nos petits monstres ait un coup de cafard en pleine nuit, parce qu’à 6-7 ans, ce n’est pas forcément facile de dormir loin de papa et maman ; et puis, les douches dans lesquelles tout le monde se lave, ben moi, j’ai beau y passer, je me sens toujours sale (je suis du genre à tout passer à l’eau de javel avant toute utilisation des sanitaires). Et puis, quand arrive le soir, j’ai un tempérament plutôt casanier : j’aime bien retrouver le calme paisible de mon Home Sweet Home et ChériBibi (bon OK, quand ChériBibi me fait un coup de calgon, ce n’est plus si paisible 😛).

Ensuite, c’est boulot non-stop pendant 48 heures : on n’a même pas eu le temps, une seule fois, de se poser et de prendre un café ! Même le temps du repas n’est pas une pause puisqu’il faut les servir, les surveiller, resservir, faire débarrasser (alors que soi-même on a à peine attaqué le plat principal), se dépêcher de terminer soi pour aller les surveiller. Et comme la nuit aussi, on est en alerte …

Et puis, non, je n’ai pas trouvé ça épanouissant : j’ai juste eu l’impression de jouer à la maîtresse pendant 48 heures d’affilée, au lieu des 8-10 heures habituelles. Au risque de choquer, je suis désolée, mais ce n’est que mon métier. Alors certes, il faut une certaine vocation pour pouvoir le faire, sinon, ce n’est pas possible, mais je dis non à l’abnégation. J’ai une vie à côté. En-dehors de l’école, je suis moi, avec mes passions (qui n’ont rien à voir avec l’école), je ne vis pas à travers ma profession.

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4 responses to “A la découverte de la classe verte

  • Sixteene

    Pfiou, je compatis ++++. Pour avoir passé 3 jours à Londres avec une classe de première (mais certaines problématiques sont différentes) il y a 5 ans et avoir été animatrice en colo quand j’étais étudiante, je comprends totalement ton ressenti. C’est du non-stop et c’est tout sauf des vacances……Ma mère ne comprenait pas que je fasse des grasses mat’ à mes retours de colo…ben nan, j’ai juste taffé H24 ou quasi pendant 3 semaines ;-). Repose-toi bien pendant les 6 prochaines semaines…je suppose que tu reprendras les préparations bien avant septembre (quoiiii ? t’as pas deux mois de vacances, on nous aurait mentiiiiii ???).

    • Sabine

      Eh oui, on nous a menti, cette année, je n’aurais « que » 7 semaines de vacances !
      Faut que je me mette aux prép’, je n’ai pas encore vraiment commencé, la faute à un emploi du temps surchargé cette première semaine (je prépare en juillet, comme ça, j’ai vraiment l’esprit libre en août).
      Profite toi aussi des vacances pour te reposer, un déménagement, ça fatigue.

  • ladylaeti

    Je compatis.. j’accompagné un voyage de deux jours à Paris avec des 3° cette année…J’ai réussi à dormir un peu la nuit, mais même si nous avons trouvé nos loustics agités en soirée, ils n’étaient pas les pires.. apparament des lycéens étaient pires.. et au dessus de notre aile se trouvait des petits espagnols… l’horreur! à 1h du mat’ ils couraient encore dans les couloirs!
    Bref, j’étais morte… surtout avec les 6h de car aller et autant au retour…
    Enfin… c’est épuisant, et c’est parfois peu gratifiant quand certains gamins prennent ça pour des vacances, comme si c’était « normal » qu’on les emmènent et pareils pour leur parents…M’enfin…
    Allez, repose toi bien… ne cogite pas trop sur tes preps (là, je dis rien parce que j’y pense déjà alors que les vacances ont à peine commencé) et profite bien de ce temps « libre »…

    • Sabine

      Depuis l’été dernier, je fonctionne différemment : je prépare en début de vacances pour avoir l’esprit totalement libéré ensuite. Et j’ai fini par appliquer cette technique également aux petites vacances : je travaille la première semaine, je déconnecte la deuxième. Repose-toi aussi.

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