La malbouffe

Il y  a un petit bout de temps que je veux écrire cet article, suite à une discussion avec une collègue qui me demandait comment on pouvait faire manger certains produits à ses enfants quand on sait de quoi ils sont faits. Il n’est pas le fruit d’une recherche « scientifique » mais plutôt une observation de ce que je peux vivre « au quotidien » comme tout le monde avec mon caddie de courses.

Beaucoup de personnes (celles qui veulent défendre la cause) affirment qu’on peut se nourrir et vivre bio sans que cela ne coûte plus cher. Il faut juste pour cela changer ses habitudes alimentaires. Sauf que ce n’est pas toujours possible (il faut concilier les goûts de tout le monde) et puis je pense dans mon cas, que mes habitudes alimentaires ne sont pas si mauvaises que ça, que ce soit pour ma santé ou pour la planète (on exclut bien sûr de cette affirmation ma consommation de caféine – et certains ajouteront ma consommation de lait –). Mais je peux vous le garantir, devant faire des économies drastiques, j’ai vu le prix de mon caddie mensuel baisser d’une bonne moitié en revenant aux produits « normaux » ! Mai j’ai continué à cuisiner malgré tout.

cuisto animé

Sauf que … mes courses me revenant encore trop cher, je me suis encore penchée de plus près sur les prix. Et c’est là que j’ai compris pourquoi les gens pauvres pouvaient être obèses quand moi je trouvais mes courses encore cher et que je limitais beaucoup ce que je mangeais : plus les produits sont mauvais (entendez par là, gras, sucré, plein d’additifs, de faux produits qui n’auraient normalement rien à faire là, ect …), moins ils sont chers !

Un exemple simple, celui des pommes de terre : le filet de pommes de terre le moins cher est à 0,80 € le kilo (et une fois épluchées, il en reste moins d’un kilo !) ; les pommes de terre rissolées premier prix sont à 0,76 € (je compare les prix pour un même supermarché – le mien, vous vous en doutez -). Avouez qu’il n’y a pas photo, le produit transformé, plein d’huile de palme, déjà tout prêt, coûte moins cher que le produit de base ! Et encore, là, les pommes de terre ne sont pas cher, leur prix est souvent un peu plus élevé au kilo.

Autre exemple testé récemment (je vous donnerai d’ailleurs ma recette), avec un des pires produits si on y regarde de plus près : du poulet ou de la dinde qui ne sont jamais que de l’agglomérat de parties non nobles, du fromage qui n’en est pas, (sauf si on va chercher dans les marques les plus chers), j’ai nommé le cordon bleu ! En marque premier prix, je peux en avoir 8 pour 2,82 €. Ça coûte combien une escalope de poulet ? Regardez bien ça coûte quasiment ce prix-là. Vous rajoutez le jambon (ou le bacon) et le fromage, sans oublier tout ce qu’il vous faut pour faire votre panure. A 0,35 € l’unité, y’a pas photo, quand ma moitié d’escalope à elle seule m’a déjà coûté 2,5 fois le même prix (et encore, j’ai acheté une grosse barquette en promotion, et je peux vous garantir qu’on est loin de ce qu’on peut acheter chez un boucher ! ou même au rayon à la coupe de son supermarché). Sauf que mon cordon bleu était sûrement moins gras et ne contenait que des produits de base (donc meilleurs pour ma santé). Et ChériBibi fait la tête quand je lui sors les autres à finir.

Je peux vous refaire le même avec les nuggets de poulet.

Et on parle du prix du poisson pâné en bâtonnets vs le prix du filet de poisson frais ? La bolognaise en boîte vs celle qu’on fait soi-même avec de la vraie viande ? Des exemples comme ça, on peut en trouver à la pelle.

Je suis vraiment effarée de voir à quel point des produits industriels, transformés, avec tous les défauts que ça comporte, coûtent moins cher que des produits de base non transformés (et qui demandent un travail de préparation).

Au nom du prix, on nous fait bouffer de la saloperie, on perd le vrai goût des aliments. Et les personnes qui n’ont pas eu la chance d’avoir une éducation qui leur permette de faire la part des choses, d’analyser la situation et de raisonner autrement parce que c’est la dictature du porte-monnaie (et je ne les juge pas, mais ces personnes sont souvent ancrées dans une sorte de cercles vicieux qui les maintient dans le « quart-monde ») se retrouvent à se nourrir de malbouffe … avec toutes les conséquences qu’on connaît sur la santé. Et quand on sait combien l’obésité et ses conséquences coûtent à l’assurance maladie, il n’y aurait pas quelque chose à faire pour offrir à ces gens une possibilité de se nourrir plus sainement (c’est une vraie question) ? Pour ma part, dans ce domaine, je cherche toujours la quadrature du cercle …

question


8 responses to “La malbouffe

  • ladylaetiLadylaeti

    Je suis tout à fait d’accord avec toi…. C’est clair qu’en prenant les produits de bases non transformés même en supermarché discount on peut arriver à faire quelque chose de correct et de bon pour la santé.. mais combien se laisse avoir par la facilité et par le prix si bas??? ah ben oui, on mange du tout fait pas cher.. mais après on en paix le prix justement…avec la santé et tout ce qui s’en suit…
    Je suis comme toi, les économies drastiques sont de mises en ce moment..et je reviens aussi aux fondamentaux…
    Des bisous!

    • Sabine

      Plus je fais maison et moins on arrive à manger du tout prêt ! Alors certes, ça prend un peu plus de temps, mais au moins, on prend du plaisir à manger.

  • miss Zen

    C’est très bien vu !
    Quand je vous comment les autorités peuvent emmerder les petits producteurs et laisser les géants de l’alimentaire gaver leurs produits de poison …..
    J’ai réduit la liste de ce que j’avhete en bio à 10 ; poulet / œufs / tomates / carottes / pomme de terre / fraises /saumon / pomme . Je compense en achetant certains produits en discount

    • Sabine

      J’avais arrêté d’acheter bio, mais pour le lait, malgré le prix, j’y suis retourné car vu la quantité que je bois, je voudrais limiter l’absorption d’une trop grande quantité d’antibiotiques. La prochaine chose que je réintégrerai, ce seront les œufs. Souvent, mes légumes ne sont pas bios, mais viennent de producteurs locaux pratiquant l’agriculture raisonnée.

  • paristempslibre

    c’est fou quand on y pense! ca fait peur!!!!
    xxx

  • Nouce

    Très bien dit!!
    On a beau dire: cuisiner à partir de produits bruts de qualité revient plus cher qu’acheter des préparations industrielles qui, quand on regarde les étiquettes, font franchement peur.
    Depuis quelques temps, les émissions sur la nourriture industrielles se multiplient, mais je sors de là juste désemparée avec un sentiment d’impuissance… On nous dit de plus en plus que c’est mal, mais on ne donne pas les bons outils aux gens pour s’en sortir! Et plus les fins de mois son difficiles à gérer, plus on est coincé…
    La solution, je ne l’ai pas. Probablement que nous, consommateurs, pouvons faire pression quelque part (mais où? comment? sous quelle forme d’organisation? en s’appuyant sur qui?). Probablement aussi que la solution viendra des politiques (pressés par les consommateurs?)… Je ne sais pas, mais perso, j’ai de plus en plus peur de se qu’on ingère!

    • Sabine

      Je pense que l’action du consommateur, c’est au mieux, de délaisser les supermarchés, au plus pratique, ne plus acheter de tout fait, pour envoyer un message fort aux industriels (ça avait bien marché quand les gens avaient cessé d’acheter tout ce qui était préparé à base de bœuf / cheval).

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