Les Suprêmes – Edward Kelsey Moore

Les Suprêmes - Edward Kelsey Moore » Elles se sont rencontrées à la fin des années 1960 et ne se sont plus quittées depuis : tout le monde les appelle « les Suprêmes », en référence au célèbre groupe de chanteuses des seventies. Complices dans le bonheur comme dans l’adversité, ces trois irrésistibles quinquas afro-américaines aussi puissantes que fragiles ont, depuis leur adolescence, fait de l’un des restaurants de leur petite ville de l’Indiana longtemps marquée par la ségrégation leur quartier général où, tous les dimanches, entre commérages et confidences, rire et larmes, elles se gavent de nourritures diététiquement incorrectes tout en élaborant leurs stratégies de survie.

Née dans un sycomore, l’intrépide Odette, qui mène son monde à la baguette, converse secrètement avec les fantômes et soigne son cancer à la marijuana sur les conseils avisés de sa défunte mère, tandis que la sage Clarice endure les frasques de son très volage époux pour gagner sa part de ciel. Toutes deux ont pris sous leur aile Barbare Jean, éternelle bombe sexuelle que l’existence n’a cessé de meurtrir. D’épreuves en épreuves, l’indissoluble trio a subsisté contre vents et marées dans une Amérique successivement modelée par les ravages de la ségrégation raciale, l’insouciance des années hippies, la difficile mise en route de « l’ascenseur social », l’embourgeoisement, sous la houlette des promoteurs immobiliers, des quartiers naguère réservés aux Noirs et les nouveaux catéchismes de la modernité mondialisée.

Invitation à une lecture aussi décalée que féconde de la problématique raciale aux Etats-Unis, ce formidable et attachant roman de l’amitié et de la résilience emmené par d’époustouflants personnages et porté par l’écriture imagée et subversive d’Edward Kelsey Moore, s’affirme avant tout comme une exemplaire défense et illustration de l’humanisme conçu comme la plus réjouissante des insurrections. « 

Je regrette d’avoir commencé ce livre dans un moment où j’étais incapable de lire, cela lui a fait perdre sa dynamique (tout du moins pour le début). Parce que ce roman est vraiment passionnant : les personnages sont vivants, les allers et venues entre le présent et les souvenirs très plaisants. On les voit très bien nos trois « Suprêmes », Big Earl, James, Richmond, Lester, Chick et les autres. On imagine bien la vie dans la partie noire de Plainview.

Entre Odette et son foutu caractère (c’est parce qu’elle est née dans un sycomore), Clarice et sa manie de tout penser à travers la pensée baptiste de son Eglise, et Barbara Jean qui s’habille toujours comme si elle avait vingt ans, le trio est des plus étonnant – mais pas détonnant – pour notre plus grand bonheur. Depuis qu’elles sont adolescentes, elles ne se lâchent plus ces trois-là, se complétant dans leurs différences.

Mais chacune d’elles a sa croix a porté : Odette, qui se met à voir les morts et à converser avec eux, va découvrir qu’elle est atteinte d’un cancer ; Clarice doit supporter les incartades de son mari, comme le lui ordonne sa religion ; Barbara Jean, elle, doit vivre avec les drames qui ont jalonné son existence. Mais ensemble, les Suprêmes parviennent à traverser toutes les épreuves.

Edward Kelsey Moore prépare une suite à ce roman, je suis bien curieuse de découvrir ce qu’il nous concocte …


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