Confidence pour confidence

Non, ne me remerciez pas de vous avoir mis un tête ce bon vieux tube des années 80, c’est juste ma génération.

Il y a des choses qui paraissent être un don aux yeux des autres mais qui peuvent en réalité se révéler un fardeau. Les mots sont peut-être un peu fort, mais c’est plus joli pour l’image.

banc ter

J’attire les confidences. Je sais faire parler les gens la plupart du temps. Et je me retrouve même à recevoir les états d’âme de personnes avec lesquelles je n’ai pourtant pas plus d’atomes crochus que cela.

Et pourtant, je ne force jamais les gens à parler. J’écoute, je leur dis toujours que la porte est ouverte s’ils ont besoin, que c’est à eux de voir s’ils veulent en parler ou pas. Je préviens toujours aussi, quand la machine à déballer est lancée, qu’on a le droit de m’envoyer bouler si je pose une question qui dérange ou qui est trop indiscrète ; que si je la pose, c’est surtout pour faire avancer la réflexion personnelle et qu’on n’est pas obligée de me donner la réponse (qu’on finit souvent par me donner quand même).

Et puis, pas besoin de me donner le change. Mes collègues en ont d’ailleurs fait l’expérience en juin dernier. Mais pour quoi ? me faire plaindre, me faire consoler ? je ne sais pas faire, j’avais juste à encaisser, point barre.

Sauf que parfois, recevoir les confidences de tout le monde, c’est lourd. Sans vouloir me jeter des fleurs, je suis une boule d’empathie, donc tout me touche. J’ai appris à mettre de la distance au fil du temps (merci burn-out), mais quand ça sort du cadre professionnel je n’y parviens pas toujours, du moins pas entièrement. Sous peu qu’il y ait un peu – beaucoup d’amitié dans l’histoire, et là, je suis bonne pour la nuit blanche.

Et je suis parfois obligée de me protéger de manière très égoïste des personnes négatives qui se confient à moi : leur négativisme me mine le moral, j’évite donc ces personnes pendant un temps.

J’ai aussi fui certaines parties d’un forum sur lequel j’étais très présente : toutes les pensées malheureuses, exaspérées et autres me démoralisaient au plus haut point. J’ai besoin de voir le positif dans chaque chose, dans chaque événement, autant que faire se peut. Et toutes ces ondes négatives sont nocives pour moi.

Or, quand les gens ont besoin de se confier, c’est que justement quelque chose ne va pas.

Pourquoi j’attire les confidences ? Est-ce ma jovialité naturelle ? Ma capacité d’écoute ? Le fait que je ne cherche pas à me confier en retour ? Déjà à la fac, mes ami(e)s me disaient que je devais faire psy : je les écoutais tant qu’ils avaient besoin, j’analysais de manière objective leurs propos et les faits, je me faisais souvent « l’avocat du diable » (dans le cas d’une dispute, c’est comme ça qu’est perçue l’objectivité, soyons honnêtes). Je ne le suis pas devenue, mais il en faut une sacrée dose dans mon travail.

Par contre, j’avoue avoir beaucoup de mal à me faire casser du sucre sur le dos par une personne que j’ai écoutée : je ressens toujours une forme d’injustice. J’ai parfois l’impression d’être un vulgaire kleenex qu’on utilise quand on a besoin mais qu’on jette quand ça va mieux. Et comme je suis d’une nature trop gentille, si cette même personne revient me voir quand ça ne va de nouveau pas, je suis presque toujours incapable de l’envoyer promener.


4 responses to “Confidence pour confidence

  • ladylaeti

    C’est sûr que dans notre boulot, nous avons besoin d’être psy…je me retrouve aussi dans ce que tu écris.. sauf qu’au contraire de toi,il y a deux ans, quand ça n’allait vraiment vraiment pas bien, j’ai eu besoin de me confier, un peu…. juste pour me rassurer, pour me dire que si ça empirait, au moins il (elle) saurait, comprendrait….
    Savoir faire la part des choses, prendre du recul c’est très important, mais très difficile!
    Ne te laisse pas submerger… je crois qu’on ne peut pas éviter d’avoir ce « pouvoir »🙂 mais il ne faut pas qu’il nous pourrisse la vie!!
    Bisous!

  • miss Zen

    J’ai souvent eu le même problème que toi , j’ai une tête de gentille et je suis très empathique. Et comme je reste toujours positive, les « déprimés » m’adorent …. Mais j’ai appris à mettre des limites et à me protéger en étant parfois plus sèche ou plus dure. Un jour, j’ai décidé de tout simplifier, j’ai commencé par les objets et puis j’ai aussi simplifié mes relations : je voulais me sentir à nouveau légère ! Bises

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