Archives de Catégorie: Le Café littéraire

Enfin ! (J. Courtney Sullivan)

Depuis le temps que je l’attends … Enfin il va arriver en France !

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Et j’ai dansé pieds nus dans ma tête – Olivia Zeitline

 » Un soir, une phrase étrange au ton mélodique , comme un air de musique, résonne dans la tête de Charlotte. Peur ou prémonition ? 

Après un burn-out, Charlotte, une jeune trentenaire, quitte son job dans le marketing et tire un trait sur son ancienne vie. Elle retourne à ce qui la fait vibrer depuis toujours, la danse. Mais rien ne se passe comme elle le voudrait : mes factures s’accumulent, sa relation amoureuse s’étiole, son rêve s’éloigne. Stella, une amie musicienne, lui conseille alors d’écouter sa voix intérieure et lui ouvre le chemin de l’intuition. De rencontre et rencontre, pas à pas Charlotte apprendra à apprivoiser cette voix mystérieuse, à se fier aux signes du hasard et à suivre les mouvements de son corps. 

Cette belle histoire vous entraîne dans son sillage magique et vous donne envie de suivre votre intuition. Vous ne lirez pas ce livre par hasard. « 

Charlotte est une employée marketing efficace, qui se donne corps et âme à son travail … au point de la perdre. En pleine réunion, elle pète un câble. Burn-out.
Sa vie prend alors un tout autre tournant. Grâce à sa psy, à ses amies, elle apprend à s’écouter, à se connecter à son intuition et aux signes du monde extérieur. Elle sort de cette vie cadrée, où l’on fait les choses par devoir, et suit son chemin intérieur.

Il y a quelque chose de « mystique » dans ce livre, un lien fort avec la nature et la terre. Autant une partie de cette expérience me parle (« On ne devrait jamais posséder trop de choses, sinon ce sont les choses qui finissent par vous posséder. » – pages 39-40 ; ça ne vous rappelle pas JJG : « Je prie les choses et les choses m’ont pris. » ?), autant la partie « méditation transcendantale » se bute à mon esprit cartésien. Je peux en entendre une partie, mais quand c’est poussé à l’extrême, je n’adhère plus, je n’y crois plus. Du coup, j’y vois plus une sorte d’allégorie, d’image, que de faits pouvant être réels. Chacun son interprétation selon ses degrés de croyance.

L’histoire est ressourçante et remet les choses à leur place. Quand on lit la présentation de l’auteur, on comprend d’où vient l’inspiration de ce roman. Quelque part, c’est une partie de son histoire, de sa propre expérience. Jusqu’à quel degré ? Dans tous les cas, elle vous reconnecte avec ce qui est important dans nos vies qui ressemblent à des courses folles dans lesquelles on oublie le principal : vivre notre vie. Nous n’en avons qu’une, il ne faut pas oublier de la vivre selon nos envies.

Miss Zen, je pense que tu vas te retrouver dans cette histoire.
Et Célestine, la connexion avec la nature va te plaire.


Rendez-vous au Cupcake Café – Jenny Colgan

 » Responsable administratif dans une compagnie immobilière à Londres, Izzy Randall se distingue surtout par ses  talents de pâtissière. Chaque semaine, elle régale tous ses collègues de délicieux gâteaux. Jusqu’au jour où une série de licenciement laisse la jeune femme sans travail, seule et désemparée. 
Izzy sent alors grandir en elle une idée folle : et si elle ouvrait sa propre boutique de pâtisseries ? Ne serait-elle pas capable de créer un lieu chaleureux ? D’inventer de nouvelles recettes de cupcakes colorés ? Ou de brownies ultra-fondants ?
Alors qu’elle tente de contenir son imagination galopante, Izzy découvre un magasin à louer dans une ruelle pavée où pousse un frêle poirier … « 

Quelle ne fut pas ma surprise quand au cours d’un furetage guidé par le hasard au milieu des rayonnages de la Bibliothèque j’ai découvert ce livre à côté de La petite Boulangerie du bout du monde. Ni une, ni deux : embarquée !

Cette fois-ci, on quiette l’univers de la boulangerie pour aller chez sa voisine la pâtisserie. Et nous voilà plongeant dans l’univers d’Izzy.

Petite fille de boulanger, élevée par lui (sa mère ayant le virus du voyage, partant à la recherche d’elle-même), Izzy a passé toute son enfance au milieu de la farine et des bons gâteaux préparés amoureusement par Grampa. Cette passion pour la pâtisserie lui coule dans les veines. Aussi gâte-t-elle tous ses collègues de bureau et tous ceux qu’elle côtoie, avec ses délicieux cupcakes.
Izzy a son appartement, un travail, un petit ami plus ou moins secret (en la qualité de son patron, il préfère éviter de faire des vagues au travail), une colocataire qui est son amie de fac. Bref, out semble aller pour le mieux pour Izzy.
Jusqu’à ce que la société qui l’emploie décide de réaliser des coupes franches dans le personnel et qu’elle se retrouve dans la charrette …
C’est alors qu’elle est prise d’une idée folle : et si elle ouvrait sa propre boutique ? Tout le monde raffole de ses cupcakes … Et sans qu’elle s’y attende vraiment, la voilà lancée dans son projet fou. Va-t-elle réussir ? L’avenir sera-t-il clément avec elle ? Malgré des hauts et des bas, il se pourrait bien qu’il lui sourie plus qu’elle ne l’imaginait …

Une histoire douce comme un cupcake. Même si je n’ai pas retrouvé cette fraîcheur que j’ai ressentie en lisant La petite Boulangerie du bout du monde, ce récit reste sympathique, très apprécié si l’on veut un peu de douceur.
J’ai parfois trouvé que les paragraphes courts, qui nous font passer d’un personnage à l’autre trop rapidement, cassaient le rythme de l’histoire, en nous faisant changer de décor trop souvent.
Mais ça reste une lecture agréable, pleine de bons sentiments (si l’on excepte le requin en affaires mais en faut bien un pour pimenter l’histoire) et d’émotions.

Je ne vais pas nier que ce livre réveille en moi des envies de projet irréalisable, mais au combien tenant. Je vous en parlerai peut-être un jour … 😉


Un appartement à Paris – Guillaume Musso

51LTIlzS4lL._SX210__20171103_220905 »  » « L’art est un mensonge qui dit la vérité … »

Paris, un atelier d’artiste caché au fond d’une allée verdoyante.

… « 

Contrairement à La Fille de Brooklyn, je n’ai pas été happée par l’histoire. Entendons-nous bien : ce livre reste intrigant mais contrairement au précédent, je n’ai pas été emportée dans un tourbillon ; j’ai réussi à le poser plusieurs fois sans frustration. Ça n’empêche pas l’histoire de rester dynamique. Mais il y a plus de place pour les descriptions, les états d’âme. Le rythme est moins haletant, moins soutenu. Il y a des temps de pause. Ça n’en reste pas moins un thriller passionnant.

Madeline a quitté Londres pour une maison à Paris qu’elle a louée pour quelques jours.

Gaspard débarque des Etats-Unis pour rejoindre une maison louée pour un mois, le temps d’écrire une nouvelle pièce de théâtre, par son agent.

Manque de chance pour eux, Madeline et Gaspard, qui n’aspirent chacun qu’à être seul et tranquille, ont été victimes d’un râté : les voilà contraints à partager la même maison, qui n’est autre que celle de Sean Lorenz, le célèbre peintre, récemment décédé. Aucun d’eux ne veut quitter cette maison, sous le charme de laquelle ils sont tous les deux tombés.

Bien décidés à ne pas en rester là, Madeline va à la rencontre du loueur. Mais ce que ce dernier va lui apprendre va lui glacer le sang.

Gaspard, lui, reste de marbre face à cette découverte qu’il fait en même temps que Madeline par l’intermédiaire de sa voisine. Jusqu’à ce que Madeline lui fasse part de son ressenti à la lumière se ces révélations.

Sans le savoir, ils venaient de sceller leur avenir.

Encore une histoire passionnante, même si on retrouve les mêmes structures, les mêmes constructions de récit, les mêmes mécanismes de l’intrigue. Je pense qu’il vaut mieux éviter d’enchaîner deux Musso à la suite et laisser un peu de temps entre chaque pour mieux les apprécier. De plus, dans cet ouvrage, l’auteur fait référence à ses précédents livres,et du coup, je me suis sentie exclue, moi qui le découvre seulement maintenant par ces deux derniers ouvrages ; j’ai trouvé cela maladroit. Mais ce ne sont que des détails.

Par contre, n’oubliez pas d’aller jusqu’à l dernière page … pour aller à la rencontre du zèbre. 😉


Prends soin de toi – Grégory Mardon

 » J’ai supprimé toutes les photos que j’avais de toi.
Enfin presque toutes.
Il me reste celle-ci. Tu es là devant.
Nous sommes au jardin des Tuileries, le 8 décembre 2013, il est 17h23.
Tu te tournes vers moi, tu me regardes, tu me souris …
enfin je crois.  »

 

Cette bande-dessinée est un vrai texte poétique. La rudesse émotionnelle de certaines vignettes contrastent avec la douceur des autres, celles qui nous emmènent en voyage à travers le pays.

Temps de la résilience. Itinéraire d’une renaissance.


Les cuisines du grand Midwest – J. Ryan Stradal

 » Grâce à l’éducation que lui a donnée son père, Eva Thorvald est une surdouée du goût, un prodige des saveurs. Etape après étape, des fast-foods aux grands restaurants, des food trucks aux dîners privés, elle va devenir un grand chef, à la fois énigmatique et très demandé. Tous ceux qu’elle croise la regardent avec admiration ou jalousie.
Mais ce don unique vient aussi d’une blessure qui, malgré le talent, ne cicatrise pas. Eva cuisine comme d’autres peignent, écrivent ou composent. Pour retrouver un peu de sérénité et le paradis perdu de l’enfance.

Avec Les cuisines du grand Midwest, J. Ryan Stradal signe une vaste fresque qui, à travers la gastronomie, explore tous les milieux sociaux des Etats-Unis. Un roman initiatique, réaliste et poignant, porté par nue impressionnante maîtrise. « 

Autant être claire : je ne m’attendais pas à ça. J’avais imaginé qu’on suivrait l’ascension d’Eva dans le monde très fermé des grandes cuisines ; son évolution depuis les cuisines d’un fast-food aux plus grands restaurants. Du coup, je me suis retrouvée assez déroutée par le récit ! Aussi bien dans son fond que dans sa forme. J’ai donc mis une bonne centaine de pages avant de réussir à me laisser embarquer par l’histoire.
On suit le parcours d’Eva à travers les yeux d’autres, les principales étapes de sa construction en tant que chef reconnu. On partage leur vie à un temps donné, lorsqu’ils croisent le chemin d’Eva. Ça donne un récit qui peut paraître déstructuré, mais en définitive plutôt dynamique. On n’a pas le temps de se lasser du personnage principal car il n’est pas le centre d’intérêt de chaque chapitre. C’est ce qui en fait un récit à l’écriture originale : notre héroïne n’est pas le personnage principal de chaque chapitre : c’est Lars, Braque, Will Prager, Octavia, Jordy … et pourtant, toute l’histoire tourne autour d’Eva.

Eva, enfant tellement désiré et choyé par son père ; mais délaissée par sa mère. Eva qui va grandir entre deux adultes qui seront pendant longtemps ses parents. Eva, tellement différente des autres adolescent(e)s de son âge, au palais surdéveloppé. Eva qui va savoir se construire toute seule et gravir les montagnes jusqu’au sommet.

Franchement, ne faites pas comme moi, ne partez pas sur une idée trop fermée de l’histoire. La quatrième de couverture ne laisse vraiment pas deviner tous les possibles que déploie l’auteur. J’ai vraiment eu l’impression de prendre un virage à 180° … mais je ne l’ai pas regretté.


Le livre de Joe – Jonathan Tropper

 

 » On peut naître dans un bled du Connecticut et, à trente-quatre ans, parader au volant d’un cabriolet dernier cri, vivre dans un luxueux appartement en plein cœur de Manhattan et enchaîner les conquêtes féminines. Joe Goffman en est le parfait exemple ! Et pour parvenir à cet exploit, il lui a suffi d’un livre, Bush Falls, du nom de son patelin natal, un roman acerbe dans lequel il tournait en ridicule l’hypocrisie et le puritanisme de ses habitants. Un best-seller de librairie rapidement porté à l’écran, qui lui a valu un procès en diffamation de la population entière.
Seulement voilà, après dix-sept ans d’absence, Joe est appelé au chevet de son père mourant. Ces retrouvailles avec Bush Falls réveillent aussitôt de vieux souvenirs enfouis : l’indifférence de son père, le suicide de sa mère, sa relation magique avec Carly , les petits et grands drames qui qui se sont joués pendant son adolescence … mais dès son arrivée, il se frotte à l’accueil plus qu’hostile des habitants. Peut-être est-il temps pour lui de régler ses comptes avec son passé ?  » 

Joe Goffman avait de gros comptes à régler avec sa ville natale, Bush Falls. Et c’est ce qu’il fit dans son livre Bush Falls. Alors certes, il a arrangé la vérité, la rendant plus acerbe, plus dure, noircissant certains personnages, pour assouvir sa vengeance. Il n’a pas cherché à savoir s’il pouvait blesser des gens, il a juste déverser son fiel.
Mais il ne pensait pas avoir à revenir à Bush Falls. Autant dire que l’accueil est plutôt glacial. Ses livres volent bas … Et ce n’est pas auprès des membres de sa famille qu’il va trouver du réconfort. Non seulement tout le monde le déteste et lui fait payer, mais en plus un immense sentiment de solitude l’envahit.
Pourquoi son retour aux Falls est-il si douloureux et le perturbe tant ? Et la belle Carly ne fait qu’ajouter à son trouble …

L’écriture est vivante, l’histoire captivante. On se demande comment notre écrivain va parvenir à se réconcilier avec son passé pour construire son futur … si tant est qu’il puisse y parvenir. Sa haine aveuglante l’a privé d’une partie de son passé, en travestissant (peut-être ?) certains souvenirs. Et son amertume en aurait bien fait un connard fini. Ce sont toutes ces interrogations, tout ce processus de renaissance que l’auteur nous invite à suivre. Et on le suit à vitesse grand V.