Archives de Catégorie: Le Café littéraire

Petit déjeuner chez Tiffany – Trumane Capote

 » J’avais été au cinéma, j’étais rentré et je m’étais mis au lit avec un grog au rhum et le dernier Simenon. C’était tellement mon idée d’une soirée confortable que je ne parvenais pas à comprendre le sentiment de malaise qui s’amplifia en moi au point que je pouvais entendre les battements de mon cœur … Le sentiment que l’on m’épiait. Que quelqu’un était dans ma chambre. Puis il y eut une succession de coups secs sur la vitre, une apparition d’un gros spectral. Je renversai le grog. Il me fallut un certain tems avant que je me décide à ouvrir la fenêtre et à demander à Miss Goligthly ce qu’elle voulait. « 

Qui a dit que les films de comédie romantique de M6 n’avait aucun intérêt ? C’est par le biais de l’un d’eux que j’en suis arrivée à lire Petit déjeuner chez Tiffany. J’avais cru comprendre qu’il s’agit d’un classique de la culture américaine. C’est donc plus une volonté de découverte culturelle que l’attrait de l’histoire qui m’a poussée à le lire.
Et sans ça, je pense que je n’aurais pas poussé ma lecture jusqu’au bout. Cette histoire est décousue, parcourant un univers qui a sûrement existé, je n’en doute pas, mais totalement farfelu pour moi. L’écriture est désuète.
Je n’ai pas compris l’intérêt du début de l’histoire, si ce n’est pour amorcer le récit passé. Mais, quel intérêt par rapport à la fin. On n’y revient pas après tout le déroulé du flash-back. Ce roman n’est que ça en fait, un récit de souvenirs. Mais pourquoi placer les personnages dans une situation présente, raviver les souvenirs et ne pas donner de réponse au présent ? Du coup, ça m’a donné une espèce d’impression de fin en queue de poisson.

Je n’ai pas eu envie de lire les trois nouvelles qui suivent Petit déjeuner chez Tiffany. Trop de mal avec le style. Mais contente d’avoir lu une œuvre du patrimoine littéraire américain.

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Noël à la petite boulangerie – Jenny Colgan

 » Maisons en pain d’épice, brioches aux fruits confits, feuilletés au miel … A l’approche des fêtes de fin d’année, Polly et débordée ! Accaparée par sa petite boulangerie, la jeune femme ne souhaite qu’une chose : passer un réveillon romantique avec Huche, bien au chaud dans leur grand phare. 
Mais les bourrasques qui balaient la petite île de Mount Polbearne pourraient bien emporter les doux rêves de Polly et faire resurgir du passés des souvenirs qu’elle croyait enfouis à jamais … 
Entre mensonges, surprises et trahisons, Noël cette année s’annonce finalement très mouvementé ! « 

Dernier volet de la trilogie de La Petite Boulangerie, ce volume est aussi, pour moi, le moins attractif. Déjà, le titre n’incite pas à le lire en-dehors du mois de décembre (résultat : j’ai eu du mal à me mettre dans l’ambiance de ce livre). Et c’est aussi celui des trois pour lequel j’ai mis le plus de temps à entrer dans l’histoire.
Je nous ai trouvé loin de la Petite Boulangerie, de sa douce chaleur et ses parfums enivrants. J’ai également moins ressenti le climat apaisant des Cornouailles.
Je pense également que d’avoir lu Rendez-vous au Cupcake Café entre temps (dont je me sens plus proche de par l’univers urbain mais aussi certains rêves totalement délirants) a quelque peu parasité ma lecture.

Bref, tout mis bout à bout, j’ai eu du mal a replongé dans l’univers de Polly. Pourtant, il n’est pas forcément nécessaire d’avoir lu les deux tomes précédents pour accéder à celui-ci. Dans un court préambule, l’auteur recadre l’histoire en explicitant les quelques points nécessaires à la lecture de ce roman. Et c’est une histoire à part entière. Ou comment la vie bien calée de Polly va être totalement bousculée, le passé refaisant surface et troublant tout sur son passage. Et les événements qui vont mouvementer la vie de sa meilleure amie Kerensa ne vont rien faire pour l’apaiser, bien au contraire : ils vont avoir un impact retentissant sur elle. Mais il faut peut-être qu’elle en passe par là pour faire la paix avec son passé et son avenir.

Même si les débuts ont été laborieux, j’ai fini par me laisser embarquer par l’histoire. Pas de manière avide comme ce fut le cas pour La petite Boulangerie du bout du monde, mais c’était sympa pour se détendre le soir ou le week-end quand on ne peut rien faire d’autre. Je regrette juste de ne pas l’avoir découvert à la Bibliothèque au mois de décembre, le contexte aurait été plus approprié.


Les Chroniques de San Francisco (Tomes 7, 8 et 9) – Armistead Maupin

Tome 7 des Chroniques de San Francisco : Michael Tolliver est vivant.

On fait un bon au début des années 2000. Les nouveaux traitements contre le SIDA ont permis à Michael de voir ce nouveau millénaire. Sa vie a pris une nouvelle tournure.
Le récit n’est pas linéaire : il s’agit des événements marquants dans la vie de Michael, avec parfois des flashbacks nécessaires ) la bonne compréhension des faits. La fin du roman n’est pas une fin en soi. Les questions ont trouvé des réponses et Michael a fait la paix avec certaines choses. Elle est un achèvement, un apaisement.

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Tome 8 des Chroniques de San Francisco : Mary Ann en automne.

Autant le tome 8 est écrit à la 1e personne, Michael étant le narrateur de sa propre histoire, racontant tout de son point de vue, autant ce tome 8 n’est pas complètement centré sur Mary-Ann et est écrit à la 3e personne.
On est dans la continuité chronologique du précédent. Mary-Ann revient à San Francisco, pour fuir un événement de la vie qui était la sienne jusque-là. Elle renoue avec sa vie d’avant, comme si son existence new-yorkaise n’avait été qu’une parenthèse. Car c’est bien là, à San Francisco, qu’est sa vraie famille, celle sur laquelle elle peut compter.

 

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Tome 9 des Chroniques de San Francisco : Anna Madrigal.

J’ai eu beaucoup plus de mal à lire celui-ci. On oscille entre le présent d’Anna et toute la bande et le passé d’Andy à la Lune Bleue. Même si c’est un chemin obligatoire pour comprendre le voyage « purgatif » qu’entreprend Mrs. Madrigal, il casse le récit, l’histoire perd de sa fluidité.
Et le Burning Man, fil conducteur de nos protagonistes, du présent m’a semblé être un événement tellement improbable que j’ai eu du mal à me l’imaginer et à y voir les personnages en situation.

Alors non, je ne dirai pas que c’est le tome de trop, car justement c’est celui qui lève le voile sur Mrs. Madrigal. Il est simplement trop envolé pour moi. Pourtant, j’ai même trouvé la pieuvre cracheuse de flammes du festival sur Internet !

 

Ce qui m’a été le plus difficile dans ces trois tomes, c’est de transposer les personnages à notre époque. Après les avoir imaginés, ancrés, pendant presque 2000 pages dans les années 70′-80′, j’ai eu toutes les difficultés du monde à les voir dans les années 2000.


Enfin ! (J. Courtney Sullivan)

Depuis le temps que je l’attends … Enfin il va arriver en France !


Et j’ai dansé pieds nus dans ma tête – Olivia Zeitline

 » Un soir, une phrase étrange au ton mélodique , comme un air de musique, résonne dans la tête de Charlotte. Peur ou prémonition ? 

Après un burn-out, Charlotte, une jeune trentenaire, quitte son job dans le marketing et tire un trait sur son ancienne vie. Elle retourne à ce qui la fait vibrer depuis toujours, la danse. Mais rien ne se passe comme elle le voudrait : mes factures s’accumulent, sa relation amoureuse s’étiole, son rêve s’éloigne. Stella, une amie musicienne, lui conseille alors d’écouter sa voix intérieure et lui ouvre le chemin de l’intuition. De rencontre et rencontre, pas à pas Charlotte apprendra à apprivoiser cette voix mystérieuse, à se fier aux signes du hasard et à suivre les mouvements de son corps. 

Cette belle histoire vous entraîne dans son sillage magique et vous donne envie de suivre votre intuition. Vous ne lirez pas ce livre par hasard. « 

Charlotte est une employée marketing efficace, qui se donne corps et âme à son travail … au point de la perdre. En pleine réunion, elle pète un câble. Burn-out.
Sa vie prend alors un tout autre tournant. Grâce à sa psy, à ses amies, elle apprend à s’écouter, à se connecter à son intuition et aux signes du monde extérieur. Elle sort de cette vie cadrée, où l’on fait les choses par devoir, et suit son chemin intérieur.

Il y a quelque chose de « mystique » dans ce livre, un lien fort avec la nature et la terre. Autant une partie de cette expérience me parle (« On ne devrait jamais posséder trop de choses, sinon ce sont les choses qui finissent par vous posséder. » – pages 39-40 ; ça ne vous rappelle pas JJG : « Je prie les choses et les choses m’ont pris. » ?), autant la partie « méditation transcendantale » se bute à mon esprit cartésien. Je peux en entendre une partie, mais quand c’est poussé à l’extrême, je n’adhère plus, je n’y crois plus. Du coup, j’y vois plus une sorte d’allégorie, d’image, que de faits pouvant être réels. Chacun son interprétation selon ses degrés de croyance.

L’histoire est ressourçante et remet les choses à leur place. Quand on lit la présentation de l’auteur, on comprend d’où vient l’inspiration de ce roman. Quelque part, c’est une partie de son histoire, de sa propre expérience. Jusqu’à quel degré ? Dans tous les cas, elle vous reconnecte avec ce qui est important dans nos vies qui ressemblent à des courses folles dans lesquelles on oublie le principal : vivre notre vie. Nous n’en avons qu’une, il ne faut pas oublier de la vivre selon nos envies.

Miss Zen, je pense que tu vas te retrouver dans cette histoire.
Et Célestine, la connexion avec la nature va te plaire.


Rendez-vous au Cupcake Café – Jenny Colgan

 » Responsable administratif dans une compagnie immobilière à Londres, Izzy Randall se distingue surtout par ses  talents de pâtissière. Chaque semaine, elle régale tous ses collègues de délicieux gâteaux. Jusqu’au jour où une série de licenciement laisse la jeune femme sans travail, seule et désemparée. 
Izzy sent alors grandir en elle une idée folle : et si elle ouvrait sa propre boutique de pâtisseries ? Ne serait-elle pas capable de créer un lieu chaleureux ? D’inventer de nouvelles recettes de cupcakes colorés ? Ou de brownies ultra-fondants ?
Alors qu’elle tente de contenir son imagination galopante, Izzy découvre un magasin à louer dans une ruelle pavée où pousse un frêle poirier … « 

Quelle ne fut pas ma surprise quand au cours d’un furetage guidé par le hasard au milieu des rayonnages de la Bibliothèque j’ai découvert ce livre à côté de La petite Boulangerie du bout du monde. Ni une, ni deux : embarquée !

Cette fois-ci, on quiette l’univers de la boulangerie pour aller chez sa voisine la pâtisserie. Et nous voilà plongeant dans l’univers d’Izzy.

Petite fille de boulanger, élevée par lui (sa mère ayant le virus du voyage, partant à la recherche d’elle-même), Izzy a passé toute son enfance au milieu de la farine et des bons gâteaux préparés amoureusement par Grampa. Cette passion pour la pâtisserie lui coule dans les veines. Aussi gâte-t-elle tous ses collègues de bureau et tous ceux qu’elle côtoie, avec ses délicieux cupcakes.
Izzy a son appartement, un travail, un petit ami plus ou moins secret (en la qualité de son patron, il préfère éviter de faire des vagues au travail), une colocataire qui est son amie de fac. Bref, out semble aller pour le mieux pour Izzy.
Jusqu’à ce que la société qui l’emploie décide de réaliser des coupes franches dans le personnel et qu’elle se retrouve dans la charrette …
C’est alors qu’elle est prise d’une idée folle : et si elle ouvrait sa propre boutique ? Tout le monde raffole de ses cupcakes … Et sans qu’elle s’y attende vraiment, la voilà lancée dans son projet fou. Va-t-elle réussir ? L’avenir sera-t-il clément avec elle ? Malgré des hauts et des bas, il se pourrait bien qu’il lui sourie plus qu’elle ne l’imaginait …

Une histoire douce comme un cupcake. Même si je n’ai pas retrouvé cette fraîcheur que j’ai ressentie en lisant La petite Boulangerie du bout du monde, ce récit reste sympathique, très apprécié si l’on veut un peu de douceur.
J’ai parfois trouvé que les paragraphes courts, qui nous font passer d’un personnage à l’autre trop rapidement, cassaient le rythme de l’histoire, en nous faisant changer de décor trop souvent.
Mais ça reste une lecture agréable, pleine de bons sentiments (si l’on excepte le requin en affaires mais en faut bien un pour pimenter l’histoire) et d’émotions.

Je ne vais pas nier que ce livre réveille en moi des envies de projet irréalisable, mais au combien tenant. Je vous en parlerai peut-être un jour … 😉


Un appartement à Paris – Guillaume Musso

51LTIlzS4lL._SX210__20171103_220905 »  » « L’art est un mensonge qui dit la vérité … »

Paris, un atelier d’artiste caché au fond d’une allée verdoyante.

… « 

Contrairement à La Fille de Brooklyn, je n’ai pas été happée par l’histoire. Entendons-nous bien : ce livre reste intrigant mais contrairement au précédent, je n’ai pas été emportée dans un tourbillon ; j’ai réussi à le poser plusieurs fois sans frustration. Ça n’empêche pas l’histoire de rester dynamique. Mais il y a plus de place pour les descriptions, les états d’âme. Le rythme est moins haletant, moins soutenu. Il y a des temps de pause. Ça n’en reste pas moins un thriller passionnant.

Madeline a quitté Londres pour une maison à Paris qu’elle a louée pour quelques jours.

Gaspard débarque des Etats-Unis pour rejoindre une maison louée pour un mois, le temps d’écrire une nouvelle pièce de théâtre, par son agent.

Manque de chance pour eux, Madeline et Gaspard, qui n’aspirent chacun qu’à être seul et tranquille, ont été victimes d’un râté : les voilà contraints à partager la même maison, qui n’est autre que celle de Sean Lorenz, le célèbre peintre, récemment décédé. Aucun d’eux ne veut quitter cette maison, sous le charme de laquelle ils sont tous les deux tombés.

Bien décidés à ne pas en rester là, Madeline va à la rencontre du loueur. Mais ce que ce dernier va lui apprendre va lui glacer le sang.

Gaspard, lui, reste de marbre face à cette découverte qu’il fait en même temps que Madeline par l’intermédiaire de sa voisine. Jusqu’à ce que Madeline lui fasse part de son ressenti à la lumière se ces révélations.

Sans le savoir, ils venaient de sceller leur avenir.

Encore une histoire passionnante, même si on retrouve les mêmes structures, les mêmes constructions de récit, les mêmes mécanismes de l’intrigue. Je pense qu’il vaut mieux éviter d’enchaîner deux Musso à la suite et laisser un peu de temps entre chaque pour mieux les apprécier. De plus, dans cet ouvrage, l’auteur fait référence à ses précédents livres,et du coup, je me suis sentie exclue, moi qui le découvre seulement maintenant par ces deux derniers ouvrages ; j’ai trouvé cela maladroit. Mais ce ne sont que des détails.

Par contre, n’oubliez pas d’aller jusqu’à l dernière page … pour aller à la rencontre du zèbre. 😉