Les cuisines du grand Midwest – J. Ryan Stradal

 » Grâce à l’éducation que lui a donnée son père, Eva Thorvald est une surdouée du goût, un prodige des saveurs. Etape après étape, des fast-foods aux grands restaurants, des food trucks aux dîners privés, elle va devenir un grand chef, à la fois énigmatique et très demandé. Tous ceux qu’elle croise la regardent avec admiration ou jalousie.
Mais ce don unique vient aussi d’une blessure qui, malgré le talent, ne cicatrise pas. Eva cuisine comme d’autres peignent, écrivent ou composent. Pour retrouver un peu de sérénité et le paradis perdu de l’enfance.

Avec Les cuisines du grand Midwest, J. Ryan Stradal signe une vaste fresque qui, à travers la gastronomie, explore tous les milieux sociaux des Etats-Unis. Un roman initiatique, réaliste et poignant, porté par nue impressionnante maîtrise. « 

Autant être claire : je ne m’attendais pas à ça. J’avais imaginé qu’on suivrait l’ascension d’Eva dans le monde très fermé des grandes cuisines ; son évolution depuis les cuisines d’un fast-food aux plus grands restaurants. Du coup, je me suis retrouvée assez déroutée par le récit ! Aussi bien dans son fond que dans sa forme. J’ai donc mis une bonne centaine de pages avant de réussir à me laisser embarquer par l’histoire.
On suit le parcours d’Eva à travers les yeux d’autres, les principales étapes de sa construction en tant que chef reconnu. On partage leur vie à un temps donné, lorsqu’ils croisent le chemin d’Eva. Ça donne un récit qui peut paraître déstructuré, mais en définitive plutôt dynamique. On n’a pas le temps de se lasser du personnage principal car il n’est pas le centre d’intérêt de chaque chapitre. C’est ce qui en fait un récit à l’écriture originale : notre héroïne n’est pas le personnage principal de chaque chapitre : c’est Lars, Braque, Will Prager, Octavia, Jordy … et pourtant, toute l’histoire tourne autour d’Eva.

Eva, enfant tellement désiré et choyé par son père ; mais délaissée par sa mère. Eva qui va grandir entre deux adultes qui seront pendant longtemps ses parents. Eva, tellement différente des autres adolescent(e)s de son âge, au palais surdéveloppé. Eva qui va savoir se construire toute seule et gravir les montagnes jusqu’au sommet.

Franchement, ne faites pas comme moi, ne partez pas sur une idée trop fermée de l’histoire. La quatrième de couverture ne laisse vraiment pas deviner tous les possibles que déploie l’auteur. J’ai vraiment eu l’impression de prendre un virage à 180° … mais je ne l’ai pas regretté.

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Le livre de Joe – Jonathan Tropper

 

 » On peut naître dans un bled du Connecticut et, à trente-quatre ans, parader au volant d’un cabriolet dernier cri, vivre dans un luxueux appartement en plein cœur de Manhattan et enchaîner les conquêtes féminines. Joe Goffman en est le parfait exemple ! Et pour parvenir à cet exploit, il lui a suffi d’un livre, Bush Falls, du nom de son patelin natal, un roman acerbe dans lequel il tournait en ridicule l’hypocrisie et le puritanisme de ses habitants. Un best-seller de librairie rapidement porté à l’écran, qui lui a valu un procès en diffamation de la population entière.
Seulement voilà, après dix-sept ans d’absence, Joe est appelé au chevet de son père mourant. Ces retrouvailles avec Bush Falls réveillent aussitôt de vieux souvenirs enfouis : l’indifférence de son père, le suicide de sa mère, sa relation magique avec Carly , les petits et grands drames qui qui se sont joués pendant son adolescence … mais dès son arrivée, il se frotte à l’accueil plus qu’hostile des habitants. Peut-être est-il temps pour lui de régler ses comptes avec son passé ?  » 

Joe Goffman avait de gros comptes à régler avec sa ville natale, Bush Falls. Et c’est ce qu’il fit dans son livre Bush Falls. Alors certes, il a arrangé la vérité, la rendant plus acerbe, plus dure, noircissant certains personnages, pour assouvir sa vengeance. Il n’a pas cherché à savoir s’il pouvait blesser des gens, il a juste déverser son fiel.
Mais il ne pensait pas avoir à revenir à Bush Falls. Autant dire que l’accueil est plutôt glacial. Ses livres volent bas … Et ce n’est pas auprès des membres de sa famille qu’il va trouver du réconfort. Non seulement tout le monde le déteste et lui fait payer, mais en plus un immense sentiment de solitude l’envahit.
Pourquoi son retour aux Falls est-il si douloureux et le perturbe tant ? Et la belle Carly ne fait qu’ajouter à son trouble …

L’écriture est vivante, l’histoire captivante. On se demande comment notre écrivain va parvenir à se réconcilier avec son passé pour construire son futur … si tant est qu’il puisse y parvenir. Sa haine aveuglante l’a privé d’une partie de son passé, en travestissant (peut-être ?) certains souvenirs. Et son amertume en aurait bien fait un connard fini. Ce sont toutes ces interrogations, tout ce processus de renaissance que l’auteur nous invite à suivre. Et on le suit à vitesse grand V.

 


La fille de Brooklyn – Guillaume Musso

 » Je me souviens très bien de cet instant. Nous étions face à la mer. L’horizon scintillait. C’est là qu’Anna m’a demandé :

« Si j’avais commis le pire, m’aimerais-tu malgré tout ? »

Vous auriez répondu quoi, vous ?
Anna était été la femme de ma vie. Nous devions nous marier dans trois semaines. Bien sûr, que je l’aimerais qui qu’elle ait pu faire. Du moins, c’est ce que je croyais, mais elle a fouillé dans son sac d’une main fébrile, et m’a tendu une photo.
– C’est moi qui ai fait ça.
Abasourdi, j’ai contemplé sn secret et j’ai su que nos vies venaient de basculer pour toujours.
Sous le choc, je me suis levé et je suis parti sans un mot.
Lorsque je suis revenu, il était trop tard : Anna avait disparu. 
Et depuis, je la cherche.
Intense et captivant, un cold case aussi addictif qu’une grande série télé. « 

Pour mon premier Musso, j’ai été servi. Jusqu’à présent, je ne m’étais pas laissé tenter (sûrement trop de tapages autour de ses bouquins, le côté « blockbuster du livre » …). Mais le titre de son dernier roman, Un appartement à Paris, m’a séduite ; la quatrième de couverture aussi. Mon supermarché, pas fou, avait laissé La fille de Brooklyn à côté (pas fou, mon magasin). Et allez savoir pourquoi, le titre m’a branchée. Lorsque j’ai voulu réserver le premier à la Bibliothèque, j’ai fini sur la fiche du second. J’ai donc réservé les deux, sans avoir lu le résumé de ce dernier.
Et j’ai bien fait, car je n’ai pas été déçu.
Vous pouvez croire la critique de Metronews retranscrire sur la quatrième de couverture : « Un suspense insoutenable ! Attention, une fois le roman ouvert, vous ne le lâcherez plus jusqu’à savoir qui est vraiment cette fille de Brooklyn. Nuits blanches en perspective … » Marc Fernandez qui signe ses mots ne pensaient pas si bien dire. Même si les nuits blanches n’ont pas été nombreuses tellement je l’ai lu vite. Les premières pages goûtées samedi matin, les 200 et quelques pages suivantes dévorées dans la soirée, encore une grosse centaine bouffée le dimanche … et la frustration des micro-sommeils venus me cueillir dimanche soir à 60 pages de la fin (en même temps, il était presque minuit et le réveil sonne à 6h …). Autant vous dire que lundi soir, je n’ai pas traîné devant l’ordi ! 😀

Je ne m’attendais pas du tout à ça. Je m’attendais à une histoire romantique, un peu façon chick-lit en plus recherchée. Mais pas du tout !

Du suspense dès la première page ! Ou comment ne plus poser le livre du moment qu’on l’a ouvert ! Alors non, je n’en dirai surtout pas plus que la quatrième de couverture, je ne voudrais pas mettre un grain de sable dans le tourbillon de l’histoire. Surtout que quand on pense avoir compris, parvenir au dénouement, on n’est en fait pas au bout de nos surprises. Ce livre est un tourbillon, il vous entraîne, il vous aspire.  On est en haleine ; hors d’haleine. On est à bout de souffle, on court, on réfléchit autant que Raphaël, le cerveau en ébullition. L’histoire est une course permanente à la recherche de la vérité, à la reconstitution de ce puzzle qui s’agrandit en permanence et se superpose.
Jusqu’à la dernière page, on est en apnée. Allez-y, plongez !


L’année du flamant rose – Anne de Kinkelin

 » Louise, Ethel, Caroline. Trois amies, joyeuses mais solitaires, partagent tout, leurs peines et leurs bonheurs, leur passion aussi pour les belles choses. Toutes trois sont des créatrices, des faiseuses de rêves, dans leurs ateliers qui se dont face dans un passage parisien.

Louise, joaillière, crée des bijoux qui réjouissent le cœur et les yeux. Ethel, corsetière, réveille les sentiments et les sens des amoureuses éperdues (et des autres). Caroline, relieuse, redonne vie aux livres anciens, tout en rêvant la sienne. Toutes trois, passionnées, sont amoureuses de l’amour, mais celui-ci leur semble inatteignable …

Le jour où Louise s’entiche d’un flamant rose empaillé, superbe et quelque peu étrange, qu’elle installe dans son atelier, son regard sur la vie semble chnger. Après sa rupture, elle est face à un défi : se relever, tenir debout, comme le flamant sur une patte, pour sa petite fille, Rose, malgré sa fragilité et ses obstacles.

Cette année, les trois femmes sauront-elles trouver la force de se reconstruire ?  »

L’année du flamant rose, c’est l’histoire de trois amies inséparables, toutes trois artistes de l’artisanat d’art : il y a Louise qui donne naissance à des bijoux extraordinaires ; Ethel, qui qui magnifie les corps avec ses majestueux bustiers; et Caroline qui fait renaître l’âme des livres sous ses doigts dans l’atelier de reliure de sa grand-mère.
Pendant cette année, chacune d’elles va se découvrir, répondre aux questions et aux silences qui les entourent, changer ce qui semblait être le destin.
Le tout sous l’œil amusé du flamant rose que Louise a ramené de vacances et qui se délecte des errances amoureuses de nos trois protagonistes.

C’est une lecture douce aux parcours parallèles et entrecroisées. Une année déterminante pour les personnages …


Smartphone Addict

A l’époque où je n’avais qu’un simple téléphone portable, je ne voyais pas l’intérêt d’avoir un smartphone. Et puis, mon intérêt pour les nouvelles technologies et mon côté geek ont pris le dessus.

J’ai d’abord flashé que le Xperia X10 Sony Ericsson. Et puis, ça a été le tour du Xperia Z de Sony. Et j’en suis devenue totalement dépendante.

Contrairement aux premiers téléphones portables qui ne servaient qu’à appeler et envoyer des SMS, le smartphone est un condensé de tout ce dont j’ai besoin et qui tient dans la poche. Car oui, ma poche arrière, c’est l’endroit où il est le plus souvent. Autant je suis capable de ne pas l’emmener partout (genre : la Bibliothèque, la piscine …), autant je suis incapable de m’en passer. Sacré paradoxe, antinomie totale du propos, mais c’est tout moi (ça doit aller avec mon signe astrologique).
Il est ma bouée de sauvetage, mon ancrage au monde … tout en étant mon évasion. Je dors avec, m’endors avec. Musique, films, Internet-streaming, télé … tout tient dans ce petit concentré de technologie.


Si je ne l’ai pas, c’est l’angoisse. Besoin permanent d’avoir mon monde sous la main, besoin vital de musique à tout moment. Lien avec ces personnes qui comprennent au travers de simples paroles, de simples mots.

Protection face au monde extérieur, à la stupidité, à l’égoïsme.

Protection face à mes propres pensées.


Mauvais genre – Chloé Cruchaudet

 

 

 

Mauvais Genre, c’est l’histoire d’amour entre Louise Landy et Paul Grappe. Un mariage d’urgence à cause de la mobilisation ; les horreurs de la guerre qui poussent à la désertion.
Mais comment vivre cacher pendant autant de temps sans virer fou ? Et c’est un soir de dispute que naît cette idée folle.
Mais Paul va se prendre au jeu, aimer ça, jusqu’à devenir pleinement cette autre ; elle devient son identité, son véritable être. Même lorsqu’il pourrait redevenir Paul, Suzanne le pourchasse et reprend le dessus.

Les dessins sont trash, crus, sans pour autant tomber dans la vulgarité.

C’est lorsque j’ai vu un reportage de l’adaptation cinématographique de l’essai historique sur Paul Grappe que je me suis intéressée à cette histoire. Mais la fiche de la Bibliothèque m’a renvoyée à cette BD. Et ce n’est pas si mal tout compte fait. Aurais-je tenu sur l longueur le récit historique ? La BD a l’avantage d’apporter un éclairage différent par ses dessins, même s’ils ne sont qu’une interprétation du texte original.
J’ai été assez surprise de la violence et de la haine présente dans cette BD car le reportage que j’avais vu portant sur le film n’en faisait pas du tout mention : il était seulement question de l’amour d’une femme qui a accepté le jeu de travesti de son mari. Il n’était nullement fait cas de tout ce ressentiment.

Une histoire beaucoup moins douce, beaucoup plus rude que ce à quoi je m’attendais, mais bonne lecture quand même.

 


Ma vie pas si parfaite – Sophie Kinsella

 » Dans la lignée des Petits Secrets d’Emma ou de Poppy Wyatt est un sacré numéro, Sophie Kinsella nous offre une nouvelle comédie aussi hilarante que touchante sur le gouffre qui sépare la vue dont on rêve et celle que l’on vit, le choc capitale/ province et les nouveaux snobismes des hipsters de tous poils.

La vie à Londres. Du fond de son Somerset natal, Katie en a tellement rêvé, et aujourd’hui, ça y est ! A elle les soirées branchées, les restos fashion, le job de rêve dans une grande agence de pub …
Certes, elle vit en coloc à deux heures du centre. Certes, son budget est si serré qu’elle se nourrit essentiellement de nouilles instantanées. Certes, sa boss est un cauchemar. Mais plutôt mourir que de renoncer à cette vie géniale, surtout su elle peut instagramer son mokaccino hors de prix.

Mais ce que Katie ignorait, c’est qu’à la capitale, tout va plus vite. Y compris se faire virer. Retour à la case départ : la campagne.
Pas question de se laisser abattre. Londres ne veut pas d’elle ? Katie va faire de ka ferme familiale l’endroit le plus hype de tout le Royaume-Uni. Tellement hype qu’il pourrait bien attirer les hipsters de la capitale et, avec eux, de vieilles connaissances … « 

Serait-ce ce qu’on appelle « dévorer un livre » ? Malgré ses 465 pages, ce roman n’a pas fait long feu : commencé le samedi en début d’après-midi, il ne restait à peine une centaine de pages à finir quand je l’ai posé à minuit. Pages avalées le dimanche soir à une vitesse affolante. Bon, il faut avouer que c’est une lecture facile.

Un bon Kinsella qui se laisse lire très facilement. Une histoire plutôt réaliste, avec un message simple : il ne faut pas se fier aux apparences.
Alors forcément, il arrive à notre héroïne des choses qui n’arriveraient pas à une personne lambda.
Mais Katie connaît les galères des gens ordinaires. Elle a quitté son Somerset natal pour Londres, la ville qui l’a toujours fait rêver et où elle a toujours voulu vivre. Sauf que Londres a un prix : une minuscule chambre dans une coloc’ à plus d’une heure de son boulot. Un salaire correct mais pas mirobolant. Elle vit à Londres en comptant chichement le moindre penny, loin des sorties, des folles soirées dans les bars, ou du shopping digne d’une icône de mode. Elle se contente de ses sandwichs confectionnés à moindre frais, de vêtements achetés aux fripes, loin des images de sa vie qu’elle poste sur Instagram. Jusqu’au jour où le pire arrive …
Craignant la déception de son père, elle ne dit rien et garde le secret, malgré son retour dans sa ferme natale pour aider son père et Biddy à monter leur affaire de « glamping », dans lequel elle croit énormément.
Mais c’est alors qu’elle est loin de Londres, loin de ce personnage de Cat qu’elle a essayé de se forger là-bas, alors qu’elle est redevenue Katie, que d’anciennes connaissances viennent perturber son univers … sans compter qu’elles risquent de mettre à mal sa couverture …

J’ai franchement passé un bon moment de détente en lisant ce livre. Quelque part, il m’a un peu rappelé Nuit de noces à Ikonos, avec ses personnage plus proches d’une vie simple, d’une vie ordinaire. Et le message que l’on peut trouver derrière une histoire qui se veut sans prise de tête.

Je crois que c’est la première fois que je lis un livre aussi vite alors que je ne suis pas en vacances.